Nouvelles FR

4ᵉ Conférence internationale sur le financement du développement à Séville : Une dynamique nouvelle pour le financement du développement en Afrique

Du 29 juin au 2 juillet 2025, la ville de Séville a accueilli la 4ᵉ Conférence internationale sur le financement du développement (FfD4), réunissant dirigeants politiques, représentants d’organisations internationales, acteurs du secteur privé et membres de la société civile. Organisée par les Nations Unies, cette édition a rassemblé plus de 170 délégations étatiques, des représentants du secteur privé et de la société civile. Cette conférence a permis d'adopter un ensemble d'engagements concrets visant à réformer l’architecture financière mondiale et à redynamiser les flux d’investissement à destination des pays en développement, notamment africains.

Un cap stratégique : réformer le système financier mondial

La conférence s’est ouverte sur un message fort du Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, appelant à une refonte en profondeur du système financier international. Face à une dette insoutenable pour les pays en développement et à une architecture jugée obsolète, il a été recommandé de :

  • Doubler l’aide publique au développement (APD),
  • Tripler les capacités de prêt des banques multilatérales,
  • Favoriser des mécanismes d’allègement et de suspension automatique de la dette,
  • Renforcer la fiscalité équitable au niveau mondial.

L’adoption de la Déclaration de Séville, comportant 130 engagements concrets, a posé les bases d’une coopération renforcée en matière de financement durable, fiscalité, transition énergétique, et mobilisation du capital privé.

Investissement en Afrique : perspectives renforcées

L’Afrique, souvent mentionnée comme la « prochaine frontière du développement », a occupé une place centrale dans les débats. Trois lignes directrices ressortent de cette conférence :

  1. Création d’espace budgétaire pour les investissements publics prioritaires grâce à une gestion plus équitable de la dette ;
  2. Renforcement des investissements privés, notamment par le biais de projets structurés et garantis dans des secteurs à fort potentiel (énergies, agro-industrie, infrastructures) ;
  3. Mobilisation climatique, avec un appel à réorienter significativement les flux financiers vers les pays africains pour la transition énergétique.

Quel rôle pour le secteur privé et les partenariats Sud–Sud ?

La conférence a mis en lumière les leviers que le secteur privé doit activer pour accélérer le financement du développement, en synergie avec les États et les institutions multilatérales :

  • Développement de projets « bancables » et sécurisés juridiquement ;
  • Partenariats public–privé renforcés, à l’image des succès enregistrés dans plusieurs pays d’Afrique et d’Eurasie ;
  • Promotion des échanges économiques Sud–Sud, notamment entre l’Afrique, la Russie et les pays d’Asie centrale, sur des thématiques clés : industrialisation, innovation, agriculture durable, logistique régionale ;
  • Mobilisation d’instruments financiers innovants : green bonds, fonds mixtes, fintechs, etc.

Une opportunité pour l’Afrique, la Russie et l’Eurasie

La 4ᵉ Conférence de Séville marque un tournant en matière de financement du développement. Elle pose les bases d’un système plus équitable, résilient et adapté aux défis des économies émergentes. Pour les pays africains, il s’agit désormais de transformer les engagements politiques en programmes d’investissement concrets, avec l’appui actif du secteur privé et l’élargissement des partenariats Sud–Sud.

La CCI se tient prête à accompagner ses membres dans l’identification, la structuration et la réalisation de projets à fort impact, et à jouer un rôle de catalyseur dans la mise en œuvre d’alliances stratégiques au service du développement durable partagé.